dimanche 10 avril 2011

La PERFORMANCE photographique

Comment appeler ces photographes qui se mettent en scène dans leurs images ? 
Pour eux, chaque photo est une véritable performance : l'image a été pensée, voire dessinée sous forme de croquis... Il a été ensuite nécessaire de préparer tous les accessoires, de créer même des structures permettant l'illusion. Oui, cette photo est un état d'esprit totalement nouveau où l'artiste a besoin d'une équipe (ne serait-ce que pour être photographié) qui lui permet de mettre en oeuvre son rêve, son discours ou son combat.

Car c'est peut-être un combat que mène le Chinois LIU BOLIN dans sa série "Hide in the city" où les titres des photos sont explicites ("L'électorat est conforme à la loi", "Unifier la pensée pour promouvoir l'éducation"). On lira avec intérêt le dernier numéro de IMAGES (n°45 - 5€) qui le présente succintement. LIU BOLIN y dit :"C'est l'environnement qui absorbe l'individu, le dissout pour l'annihiler. L'homme devient fantôme, il n'a plus d'identité ni d'individualité..."
LIU BOLIN a réalisé une performance à Paris le 1er avril. Nous avons pu voir un entrefilet ou un article dans les journaux. Un livre regroupe les photos de ses performances (Hiding in the City, 180 pages, 50 €) avec cette dermière image en couverture.

Au sujet de Philippe RAMETTE (1961), on peut dire que ses performances sont davantage proches du rêve cauchemardesque que de la sérénité (en tout cas, pour moi). Dans le même numéro 45 d'IMAGES, une interview de l'artiste nous permet de comprendre sa démarche et la réalisation de ses photos. "C'est un défi entre mon imaginaire, dégagé de toute contrainte rationnelle et comment faire pour parvenir à un résultat dit irrationnel". Aucune retouche aux images. Je suis impressionné. Maintenant, qu'on parle de situations burlesques (c'est vrai qu'on peut penser à certaines scènes de films de Buster Keaton), d'humour distancié... chacun peut mettre les mots qu'il ressent. Dans certaines photos, la tranquillité du personnage... me terrifie.
C'est bien sûr le rôle de l'art d'apporter des émotions fortes.



Quand on pense que cette photo est réalisée en apnée, avec des vêtements lestés... Je suis admiratif.

Un livre est paru : Philippe Ramette, inventaire irrationnel, éditions Courtes et Longues, 276 pages, 39 €.
On trouvera d'autres photos sur le site de la galerie Xippas qui gère le travail de ce photographe :
http://www.xippas.com/fr/artiste/philippe_ramette

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'aime beaucoup le travail du chinois
plus sur le le thème du " je suis invisible, et mon ego est dilué dans la masse"
mais le second photographe aborde un univers plus onirique, et j'aime beaucoup
il serait intéressant de connaître l'envers du décor
en tout cas les deux ont un travail colossal en amont, très pensé
(on a pas affaire à une horde de photographes, placés au même endroit et qui prennent la même photo)